Bouteille de soju et petit verre posés sur une table en bois en Corée du Sud

Photo : Dee Onederer / Pexels

Gastronomie

Boissons coréennes : soju, makgeolli, thés et étiquette à table

Sommaire de l'article

En Corée du Sud, on ne boit presque jamais sans manger, et l’on ne mange presque jamais sans partager. Les boissons coréennes sont indissociables de la table : un verre de soju accompagne le barbecue, un bol de makgeolli répond à une crêpe salée un jour de pluie, une tasse de thé chaud clôt le repas. Les règles de service, très codifiées, font aussi partie du voyage.

Ce guide présente les boissons à goûter, alcoolisées ou non, les endroits où les trouver, les gestes à connaître pour trinquer sans faux pas et quelques conseils pratiques. Pour savoir quoi manger avec, reportez-vous à notre guide des plats typiques de la cuisine coréenne.

Le soju : la boisson nationale

Le soju est sans doute la boisson la plus emblématique du pays. À l’origine distillé à partir de riz, il est aujourd’hui le plus souvent produit à partir d’amidons variés puis dilué. Les petites bouteilles vertes que l’on voit sur toutes les tables ont généralement un degré modeste, autour de 16 à 20 %, avec un goût neutre, légèrement sucré, qui s’accorde bien avec les plats gras et épicés.

On le boit frais, en petits verres d’une gorgée, et on le sert à tour de rôle. Les marques sont nombreuses, et des versions parfumées (pomme verte, pamplemousse, prune, pêche) existent pour ceux qui trouvent le goût classique trop sec. Il existe aussi des soju distillés plus traditionnels, plus forts et plus onéreux, que l’on déguste plutôt comme un spiritueux.

Quelques repères utiles :

  • Le soju se commande à la bouteille, sur n’importe quelle table de restaurant ou de bar.
  • Il se vend aussi en supérette, dans de petites bouteilles ou des formats de voyage.
  • On l’accompagne volontiers de plats grillés, de ragoûts et de fritures.

Le makgeolli : l’alcool de riz laiteux

Le makgeolli est un vin de riz non filtré, de couleur blanche et d’aspect laiteux. Son degré est généralement faible, souvent entre 6 et 8 %, avec une saveur légèrement acidulée et sucrée et parfois un très léger pétillement. Il est traditionnellement associé à la vie paysanne, mais il a retrouvé une image plus moderne ces dernières années, avec des brasseries artisanales et des versions aromatisées.

On le sert dans un bol ou une petite coupe, après avoir secoué la bouteille pour remettre le dépôt en suspension. Il s’harmonise très bien avec les jeon, ces crêpes salées aux légumes, à la ciboule ou aux fruits de mer. Une tradition populaire veut qu’on le boive justement les jours de pluie, avec une crêpe, car le bruit de la friture ressemble à celui de la pluie.

Si vous n’êtes pas sûr d’apprécier, commencez par une version nature, bien fraîche, et laissez-vous guider par les conseils du serveur. Les makgeolli fruités (châtaigne, banane, pêche) sont plus doux et peuvent servir d’introduction.

Le choix de la région : Jeonju et ses tables à makgeolli

Le choix de la région : Jeonju et ses tables à makgeolli
Photo : Mobius6 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

La région de Jeonju, dans le Jeolla, est réputée pour sa gastronomie et sa culture du makgeolli. On y trouve des quartiers entiers de bars à makgeolli où, selon la tradition locale, chaque bouilloire commandée s’accompagne d’une table de petits plats offerts. C’est une façon conviviale et économique de goûter beaucoup de spécialités en une soirée, à condition de ne pas vouloir dîner léger.

Pour préparer une étape dans cette ville, n’hésitez pas à comparer les hébergements en fonction de votre date de passage : le week-end, les établissements les plus proches de la vieille ville sont les premiers complets.

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La bière coréenne et le somaek

La bière (maekju) est très consommée, souvent légère, pétillante et très fraîche, à déguster avec le poulet frit. L’association est si populaire qu’elle a donné un mot-valise : le chimaek, de « chicken » et « maekju ».

Autre habitude locale : le somaek, mélange de soju et de bière. On verse un petit verre de soju dans un grand verre de bière, parfois en le faisant tourbillonner. La boisson est rafraîchissante et se boit vite, ce qui explique sa réputation : prudence si vous n’avez pas l’habitude, car on sous-estime facilement son effet.

Vous trouverez aussi de plus en plus de brasseries artisanales dans les grandes villes, en particulier à Séoul et à Busan, avec des bières blondes, ambrées ou houblonnées proches de ce que l’on connaît en Europe.

Les autres alcools traditionnels

Au-delà du soju et du makgeolli, la Corée du Sud compte plusieurs autres alcools traditionnels, plus discrets mais intéressants à goûter si vous aimez les découvertes :

  • Cheongju : vin de riz clair et filtré, plus raffiné que le makgeolli, parfois servi tiède lors de cérémonies.
  • Baekseju : alcool de riz aux herbes et au ginseng, au goût doux et légèrement médicinal.
  • Bokbunja-ju : vin de framboise noire, sucré et fruité, associé à la région de Jeolla.
  • Maesil-ju : liqueur d’abricot japonais (maesil), très appréciée sur glace en été.
  • Alcools de ginseng : proposés dans les boutiques de spécialités, plutôt à rapporter qu’à boire au restaurant.

Dans les bars à cocktails et les restaurants haut de gamme de la capitale, on voit aussi apparaître des cocktails à base de soju ou de makgeolli, une façon de goûter ces alcools sous un jour différent.

L’étiquette : comment trinquer à la coréenne

C’est souvent ce qui surprend le plus les voyageurs. Boire en Corée du Sud suit quelques règles de politesse simples, liées au respect de l’âge et de la hiérarchie.

  • On ne remplit pas son propre verre. On sert les autres, et ils vous servent. Si votre verre est vide, quelqu’un s’en chargera, ou vous pouvez servir le voisin en espérant la réciproque.
  • On verse et on reçoit avec les deux mains quand on s’adresse à une personne plus âgée ou plus haut placée. Une main peut aussi soutenir l’avant-bras ou le coude de la main qui tient la bouteille.
  • On détourne légèrement la tête pour boire devant un aîné, par respect.
  • On trinque en disant « geonbae », l’équivalent de « santé ».
  • On ne refuse pas un verre trop brutalement : si vous ne buvez pas d’alcool, un simple geste poli et une explication suffisent, et l’on respectera votre choix.

Entre amis du même âge, ces règles sont plus souples, et les voyageurs étrangers sont rarement jugés sévèrement. Les gestes de respect sont simplement très appréciés.

Où boire : restaurants, pojangmacha et supérettes

Où boire : restaurants, pojangmacha et supérettes
Photo : Theodore Nguyen / Pexels

Les occasions de boire un verre sont multiples, et chacune a son ambiance.

  • Restaurants de barbecue et de ragoûts : le soju et la bière font partie du repas. On commande souvent à la bouteille.
  • Pojangmacha : ces tentes ou petites cantines de rue, avec leurs tabourets en plastique, servent des en-cas et de l’alcool. L’ambiance est populaire, parfois bruyante, et l’on y rencontre facilement des habitants. Les nuits fraîches, on y apprécie les bouillons chauds.
  • Bars à chicken et pubs : pour le chimaek, avec du poulet frit et de la bière pression.
  • Supérettes : on peut y acheter de l’alcool et boire sur les tables extérieures, avec des nouilles instantanées ou des en-cas. C’est une expérience très locale et économique, à pratiquer dans le respect du voisinage.
  • Marchés de nuit et marchés couverts : le marché de Gwangjang à Séoul est réputé pour ses crêpes de haricots mungo, souvent accompagnées de makgeolli. Nous en parlons dans notre guide des marchés de Séoul et de la street food.

Pour profiter de ces soirées sans contrainte de transport, il est pratique de loger dans un quartier animé de la capitale : consultez notre guide où dormir à Séoul pour choisir votre secteur.

Un atelier ou une dégustation pour aller plus loin

Si vous voulez comprendre comment on fabrique ces boissons ou apprendre à les associer aux plats, plusieurs formules existent : ateliers de brassage de makgeolli, dégustations d’alcools traditionnels, tours gourmands de quartier. Ces activités sont aussi une bonne façon de rencontrer des habitants et de poser toutes vos questions sur les usages locaux.

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Les boissons sans alcool : thés, tisanes et boissons sucrées

Il est tout à fait possible de profiter de la table coréenne sans alcool. Le pays possède une vraie tradition de thés et de boissons chaudes ou fraîches, souvent sans théine, préparées à partir de céréales, de fruits ou de racines.

  • Boricha : thé d’orge grillé, servi chaud ou froid, très souvent offert au restaurant à la place de l’eau.
  • Yuja-cha : boisson sucrée à base de citron yuzu confit, servie chaude, idéale en hiver.
  • Omija-cha : infusion de baies de schisandra, connue pour son goût mêlant cinq saveurs (acide, sucré, salé, amer, piquant).
  • Daechu-cha : tisane de jujube, douce et réconfortante.
  • Insam-cha : thé au ginseng, plus amer, que l’on trouve dans les salons de thé et les boutiques de spécialités.
  • Sikhye : boisson sucrée à base de riz et de malt, servie bien fraîche, parfois avec quelques grains de riz.
  • Sujeonggwa : punch froid à la cannelle et au gingembre, avec des kakis séchés, souvent servi en fin de repas.

Les salons de thé traditionnels (dawon) sont installés dans les quartiers historiques, notamment à Séoul, et offrent un cadre calme pour se reposer entre deux visites. L’île de Jeju, de son côté, est connue pour ses agrumes et son thé vert : lisez notre guide des incontournables de l’île de Jeju pour préparer cette étape.

Café, boissons du quotidien et lendemains difficiles

La culture du café est très développée en Corée du Sud : cafés de quartier, chaînes, cafés à thème, avec une carte souvent très sucrée et créative. L’americano glacé est la boisson de tous les jours, y compris en hiver.

Pour les lendemains de soirée, les Coréens ont leurs remèdes : les soupes réparatrices (haejangguk, littéralement « soupe pour dégriser »), les boissons spécifiques vendues en pharmacie ou en supérette, ou encore un bon bouillon chaud. Boire beaucoup d’eau et manger une vraie soupe reste le conseil le plus fiable.

Conseils pratiques pour boire en voyage

Quelques réflexes simples rendent l’expérience plus agréable.

  • Mangez en même temps que vous buvez : c’est la règle locale, et elle limite les excès. On commande presque toujours un plat à partager avec l’alcool (le anju).
  • Respectez votre rythme : refuser poliment un nouveau verre n’est pas impoli, surtout si vous dites que vous avez assez bu.
  • Gardez une pièce d’identité sur vous, car l’accès aux bars et l’achat d’alcool sont réservés aux plus de 19 ans.
  • Prévoyez le retour : les transports urbains s’arrêtent en fin de nuit, vérifiez les horaires du dernier métro ou prévoyez un taxi. Notre guide des transports en Corée du Sud donne les bases.
  • Rapporter des bouteilles : le soju et le makgeolli supportent mal les chocs et le makgeolli frais se garde peu. Les bouteilles se placent en soute et la quantité rapportée est soumise aux règles douanières de votre pays : renseignez-vous avant le départ.
  • Surveillez votre budget : l’alcool au restaurant ou dans un bar à cocktails pèse vite dans la note. Les supérettes et les bars populaires restent les options les plus économiques. Retrouvez des repères dans notre guide du budget pour un voyage en Corée du Sud.

Et si vous voyagez avec une assurance, pensez à vérifier ce qu’elle couvre en cas de problème de santé ou de perte de bagages avant de partir : vous trouverez les offres sur Chapka Direct.

Mini-glossaire des boissons coréennes

Pour commander plus facilement, voici les mots à retenir.

  • Soju : alcool national, en bouteille verte.
  • Maekju : bière.
  • Makgeolli : vin de riz laiteux.
  • Cheongju : vin de riz clair.
  • Somaek : soju mélangé à de la bière.
  • Geonbae : « santé ! ».
  • Anju : plat servi avec l’alcool.
  • Cha : thé.
  • Mul : eau.

Connaître ces quelques mots, et savoir tendre le verre à deux mains, suffit largement à créer un lien avec vos hôtes.

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En résumé

Pour bien goûter les boissons coréennes, commencez par un soju frais avec un barbecue, essayez le makgeolli avec une crêpe salée, tentez un somaek avec du poulet frit, et gardez du temps pour un thé traditionnel dans un salon calme. Ajoutez à cela les gestes de politesse et la règle de ne jamais boire à jeun, et vous aurez tout ce qu’il faut pour partager un vrai moment de convivialité coréenne.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le soju et quel est son degré d'alcool ?

Le soju est l'alcool le plus consommé en Corée du Sud. Les bouteilles vertes vendues partout sont généralement autour de 16 à 20 % d'alcool, nettement moins fortes qu'un spiritueux occidental. Il se boit en petits verres, pur, bien frais, pendant le repas. Il existe aussi des soju traditionnels distillés, plus forts et plus rares.

Qu'est-ce que le makgeolli ?

C'est un alcool de riz fermenté, blanc laiteux, légèrement pétillant et un peu sucré, d'un degré assez faible (souvent entre 6 et 8 %). On le sert dans un bol et on agite la bouteille avant de verser, car le dépôt de riz se dépose au fond. Il se marie très bien avec les crêpes salées (jeon).

Quel est l'âge légal pour boire de l'alcool en Corée du Sud ?

L'âge légal est de 19 ans (âge international). On peut vous demander une pièce d'identité dans les bars et certains commerces : gardez votre passeport ou une copie sur vous le soir.

Comment se comporter quand on trinque avec des Coréens ?

On ne se sert pas soi-même : on remplit le verre des autres et ils remplissent le vôtre. Face à une personne plus âgée, on verse et on reçoit avec les deux mains (ou une main soutenue au coude), et on détourne légèrement la tête pour boire. Le toast le plus courant est « geonbae ».

Existe-t-il des boissons coréennes sans alcool à goûter ?

Oui, et elles sont nombreuses : le sikhye (boisson sucrée à base de riz), le sujeonggwa (punch à la cannelle et au gingembre), le thé d'orge (boricha), le thé de citron yuzu (yuja-cha) ou le thé aux baies de schisandra (omija-cha). Les salons de thé traditionnels en proposent un large choix.

Peut-on boire de l'alcool dans la rue en Corée du Sud ?

La consommation d'alcool en extérieur est assez tolérée : on voit souvent des gens boire sur des tables devant les supérettes ou dans les parcs. Les règles peuvent toutefois varier selon les lieux (certains parcs ou plages affichent des restrictions) : respectez les panneaux sur place.